Hépato-gastro-entérologie : pourquoi les spécialistes risquent d’être sous-formés

TRIBUNE. Chaque semaine, c’est comme si un avion de 350 passagers ayant un cancer du côlon s’écrasait dans un silence « assourdissant ». Car c’est le nombre de décès hebdomadaires dus à ces tumeurs malignes en France, et il est possible qu’il augmente dans le futur. Le grand principe de précaution devient à géométrie variable lorsqu’il s’agit de la formation de certains médecins spécialistes.

Alors que les problèmes de santé ­publique sont au premier plan dans les médias et les discours politiques, une des spécialités médicales les plus ­engagées dans ce domaine est mise en péril par une réforme inadaptée. Qui ne connaît pas dans son entourage proche quelqu’un qui souffre de problèmes intestinaux, digestifs ou ­hépatiques ? Qui ne lui souhaite pas une prise en charge par un spécialiste compétent ?

L’hépato-gastro-entérologie est une spécialité médicale concernant l’ensemble de l’appareil digestif : l’œsophage,ray ban wayfarer, l’estomac, l’intestin grêle, le ­côlon, la zone anale, le foie,marc jacobs lunette soleil, le pancréas ainsi que la vésicule et les voies biliaires.

Cette discipline représente une part importante de l’activité médicale. Les cancers digestifs sont au premier rang des cancers avec près de 80 000 nouveaux cas par an. Les maladies du foie sont fréquentes avec plus de 700 000 cirrhoses. Les maladies ­inflammatoires intestinales concernent plus de 250 000 Français. Les ­pathologies fonctionnelles digestives (colopathie, constipation, difficultés à digérer, reflux gastro-œsophagien…) touchent près de 6 millions de Français.

L’hépato-gastro-entérologie est aussi très impliquée dans la nutrition, de l’obésité à la dénutrition. Les hépato-gastro-entérologues doivent maîtriser de nombreuses techniques,oakley flak, notamment endoscopiques (plus de 2 millions d’explorations par les voies naturelles par an), pour la prévention et le diagnostic des lésions digestives. Une check-list est imposée dans la plupart des établissements avant de commencer une endoscopie……

Les Témoins de Jéhovah interdits en Russie par une décision de la Cour suprême

La Cour suprême russe a qualifié jeudi 20 avril le mouvement religieux des Témoins de Jéhovah d’organisation « extrémiste », l’interdisant dans tout le pays. Saisie par le ministère de la justice, elle a également ordonné la fermeture du siège national de l’organisation, près de Saint-Pétersbourg.

Un responsable russe des Témoins de Jéhovah, Iaroslav Sivoulski,marc jacobs lunette soleil, s’est dit « choqué » et a annoncé que l’organisation ferait appel. « Je ne pensais pas qu’une telle chose serait possible dans la Russie moderne, où la Constitution garantit la liberté de religion », a-t-il déclaré.

Le ministère russe de la justice a relevé chez les Témoins de Jéhovah des « signes d’activité extrémiste » et a estimé qu’ils représentaient « une menace pour les droits des citoyens, pour l’ordre public et pour la sécurité de la société ».

Conflit avec l’Eglise orthodoxe russe

La Cour suprême, qui examine cette affaire depuis le 5 avril, a décidé jeudi de satisfaire la demande du ministère,lunette vtt oakley, ordonnant la liquidation des 395 organisations locales des Témoins de Jéhovah sur le territoire russe et la confiscation de leurs biens.

« Nos fidèles se retrouvent dans une position très inconfortable. Ils risquent des poursuites judiciaires », a déclaré M. Sivoulski, assurant que les membres de son organisation continueraient à se rassembler,celine lunettes, en secret.

La puissante Eglise orthodoxe russe considère les Témoins de Jéhovah comme une secte, qu’elle juge dangereuse en raison notamment de l’interdiction des transfusions sanguines pour ses membres.

Figures libres. Le postulat du monde « mauvais »

Penser dans un monde mauvais, de Geoffroy de Lagasnerie, PUF, « Des mots », 126 p., 12 €. Ce bref essai est un précis de guérilla intellectuelle. Sobre, tranchant,monture de lunette dior femme, et sans nuances. L’unique question qui compte, pour le sociologue et philosophe Geoffroy de ­Lagasnerie, est celle de la lutte politique au sein même du travail intellectuel. Ecrire ou enseigner d’un côté, militer d’un autre, cette division de l’existence lui paraît non seulement schizophrénique mais illusoire et donc trompeuse. Chercheur, enseignant, auteur, écrivain,adidas yeezy 750 boost, quiconque produit et diffuse discours, analyses et concepts ne pratique jamais, selon lui, une activité neutre, séparable du reste de la société. En allant au terme de cette logique, il faut donc porter le fer dans la plaie – et se demander comment transformer l’ensemble du travail théorique, ses ambitions comme ses institutions, afin qu’il participe activement à la déstabilisation du monde actuel, qui ne vaut rien et ne doit pas survivre. Car le postulat de départ, comme l’indique le titre même de ce petit manuel de rébellion, est bien que « penser dans un monde mauvais » implique de penser contre ce monde, en œuvrant méthodiquement à sa destruction. Parce que l’activité de ceux qui écrivent, pensent et publient ne saurait faire comme si l’horreur ambiante n’existait pas. Aucontraire, répète Geoffroy de Lagasnerie, « le monde est injuste, il est mauvais, il est traversé par des systèmes de domination, d’exploitation, de pouvoir et de violence qui doivent être stoppés, mis en question et transformés ». Complice aveugle et mystifié A partir de ce postulat, l’impossibilité d’être neutre s’ensuit de manière cohérente. Aucun savoir n’étant coupé du monde, de la société et de l’époque où il prend place,marc jacobs lunettes, l’idée même d’une « science objective » risque d’être une imposture. Moralité : au moment même où tu te crois hors de la mêlée, tu deviens complice aveugle…

Le jeu Starcraft pourrait ê,lunette de soleil femme oakley;tre le prochain défi de l’intelligence artificielle

Avant la série de victoires historique de l’intelligence artificielle AlphaGo contre le joueur professionnel Lee Sedol, le go était considéré comme le dernier jeu « classique » résistant à la machine.

Google, qui a enfanté AlphaGo via sa branche Deep Mind, pourrait s’attaquer à d’autres jeux. Interrogé samedi 12 mars sur le prochain défi de l’intelligence artificielle, un chercheur de l’entreprise a suggéré qu’elle pourrait s’attaquer plus tard au très célèbre jeu de stratégie StarCraft,lunette persol prix, sorti en 1998. L’avantage du jeu de go est que l’ordinateur peut voir et analyser tout le plateau,lunette de soleil gucci, a souligné Jeff Dean lors d’une conférence à San Francisco. En revanche, dans StarCraft les mouvements des adversaires peuvent êtres cachés, rendant les choix stratégiques plus complexes.

Une « erreur », et non un piratage, à l’origine de faux articles sur le site de « La Voix du Nord »

Le site de La Voix du Nord a publié, dimanche 12 mars,monture lunette dior, davantage d’explications après la publication de fausses informations sur son site,lunette tom ford james bond, deux jours plus tôt. Des articles farfelus étaient alors apparus brièvement en « une » de lavoixdunord.fr, annonçant : « Il tue sa femme, sa sœur et sa cousine bilan : un mort », ainsi que quelques lignes relatives à l’affaire Fillon, annonçant que « Penelope [Fillon] fait ses valises » dans la perspective éventuelle de rejoindre Emmanuel Macron. Des captures d’écrans des articles en question, restés en ligne une dizaine de minutes seulement, ont été relayées sur Twitter après avoir été repérées par le journaliste Hugo Clément. Ce à quoi le compte Twitter de La Voix du Nord a rapidement répondu en parlant d’« actes malveillants » pour expliquer ces publications, rendant crédible la thèse d’un piratage du site d’information. Une situation qui arrive dans un contexte précis où les questions de sabotages informatiques dans une visée politique sont prises très au sérieux par le gouvernement français, à quelques semaines des élections présidentielles et législatives. « On voit des attaques dont le motif n’est pas économique », avertissait en décembre 2016 Guillaume Poupard, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). « Excuses aux internautes » Dans son communiqué diffusé dimanche matin, le quotidien régional a changé toutefois sa version pour parler désormais d’« une malencontreuse erreur » : « Deux articles portant la marque “Voix du Nord” et contenant de fausses informations ont circulé sur le Web. Nous avons immédiatement publié un tweet précisant que ces informations inventées étaient parues à la suite d’un acte de malveillance, sans évoquer de piratage. Il est apparu par la suite que ces articles, rédigés à blanc, pendant une formation, ont été publiés par erreur et bien sûr retirés dès que nous avons appris leur existence. La rédaction en chef présente à nos internautes ses excuses. » Une explication qui recoupe les informations obtenues par Le Monde, selon lesquelles ces faux articles émanent de blagues écrites lors d’une séance de formation des journalistes de La Voix du Nord, mise en place dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévu pour accompagner le nouveau projet du quotidien des Hauts-de-France. Contexte :   A La Voix du Nord,tom ford lunettes, des journalistes « abasourdis » A l’occasion de l’une de ces formations, des journalistes ont rédigé de courts articles potaches. Quelques notes d’humour dans un contexte social difficile depuis l’annonce d’un PSE et de près de 170 licenciements. Problème : ces articles sont ensuite mal orientés dans le système éditorial, pour une raison inconnue (bug ou erreur d’adressage). L’exercice en « brouillon » s’est ensuite retrouvé directement sur le site de La Voix du Nord, avant leur retrait. Selon des sources internes au journal, la direction n’a pas apprécié la maladresse de ces journalistes : si par le passé, il était déjà arrivé que des articles issus d’exercices soient publiés sur le site, ils n’avaient pas autant attiré l’attention qu’à cette occasion. Le Monde.fr (avec Laurie Moniez – Lille, correspondance) Journaliste au Monde

Le dur apprentissage de DS, le haut de gamme à la française

Personne ne l’avait entendu approcher. Et pour cause, c’est un bolide de 402 chevaux 100 % électrique. DS, l’enseigne haut de gamme de PSA, qui vient juste de souffler sa première bougie en tant que marque propre, a dévoilé l’E-Tense lors du Salon automobile de Genève, qui a ouvert ses portes jeudi 3 mars au public.

Vert olive, phares félins, calandre béante, design agressif… « La E-Tense est notre vision d’un véhicule électrique sportif, explique Eric Apode, le patron du produit de la jeune marque. Il ne s’agit pas d’un concept car, mais d’un laboratoire où l’on va puiser dans les années à venir pour l’ensemble de la gamme de six véhicules que nous préparons pour la fin de la décennie. »

Yves Bonnefont, patron de DS, estime pour sa part que « la présentation d’E-Tense correspond à un moment charnière ». « Toute notre gamme DS (DS3, DS4 et DS5) arbore la nouvelle face avant ainsi que les meilleures motorisations du groupe. Les fondations de DS ont donc bien été posées. Maintenant, il faut préparer l’avenir. »

Les « nouvelles » DS vieillissent

Et, pourquoi pas, doter véritablement la gamme d’une supercar électrique comme la E-Tense ? Peut-être plus tard. Car dans l’immédiat, il faut réellement installer DS,lunette marc jacobs homme, cette émanation de Citroën. La nouvelle marque multiplie les séries spéciales et met en place progressivement son réseau. Après la Chine, la marque a ouvert un DS store à Téhéran, en Iran. Le magasin écoule une dizaine de véhicules par semaine. De même, des DS stores s’installent dans de nombreuses capitales européennes ou du pourtour méditerranéen.

Le chemin s’annonce ardu, car les premières « nouvelles » DS ont été initialement lancées entre 2009 et 2011. Et elles vieillissent. Près de six ans après son lancement, la DS3 a déjà connu deux restylages. A cet âge,lunette de soleil marc by marc jacobs, généralement, on pense à remiser le modèle au musée et à le renouveler complètement. Or,lunette dior vue, du fait de la crise, qui…

Choral et optimiste : le théâtre selon Alexis Michalik

C’est l’histoire d’une ascension. Fulgurante ? Jugez plutôt : en quatre ans et trois créations, Alexis Michalik collectionne les succès. Ses deux premières pièces – Le Porteur d’histoire et Le Cercle des illusionnistes – lui ont valu deux Molières (meilleur auteur francophone et meilleur metteur en scène d’un spectacle de théâtre privé), ainsi qu’un prix de l’Académie française. Quant à son nouveau spectacle, Edmond, il fait carton plein au Théâtre du Palais-Royal à Paris. Mais parler d’ascension fulgurante apparaît, comme souvent, simplificateur et réducteur. Comédien à 18 ans, dramaturge dès 20 ans, il a accumulé, avec sa « bande », la compagnie Los Figaros, onze participations au festival « off » d’Avignon. Dans cette « jungle républicaine » qu’il affectionne tant, le public a vite repéré ce conteur d’histoires. « Le succès a commencé là-bas », reconnaît l’homme de 33 ans au physique de jeune premier. Electron libre, il a eu le culot de ne pas donner suite à son admission au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Pas envie de se revendiquer d’une école et d’être empêché de travailler pendant le cursus. En toute liberté Il débute avec Irina Brook, qui lui offre le rôle-titre dans Roméo et Juliette. Puis adapte des classiques de Shakespeare (La Mégère à peu près apprivoisée, R & J pour Roméo et Juliette), doutant que son écriture puisse intéresser. En découvrant le théâtre de Wajdi Mouawad, il se dit « qu’on peut faire quelque chose de shakespearien même aujourd’hui ». Car l’autofiction, « je ne sais pas faire », affirme-t-il. Ce qui l’intéresse, c’est le théâtre de récit et de troupe. « Il y a deux types d’auteurs. Ceux qui ont des choses à dire sur eux et ceux qui écrivent sur le reste du monde. » Alexis Michalik Les idées surgissent au hasard, d’un peu partout. Le Porteur d’histoire est né lors d’une balade dans un cimetière, Le Cercle des illusionnistes a surgi après la lecture d’une anecdote sur Jean-Eugène Robert-Houdin et Edmond a été inventé après la découverte,christian dior lunette, dans un dossier pédagogique de Cyrano de Bergerac, que la première représentation de cette pièce d’Edmond Rostand fut un triomphe inattendu. Alexis Michalik a « voulu raconter les mois qui ont précédé », en s’offrant la liberté de « broder »,lunette christian dior femme, de mélanger le vrai et le faux, à la manière du film Shakespeare in Love. Le dramaturge emmène son public dans une aventure, loin, très loin des pièces centrées sur l’introspection des personnages, dont l’action se déroule autour d’un canapé et d’une table basse. Il y a « deux types d’auteurs, résume-t-il. Ceux qui ont des choses à dire sur eux et ceux qui écrivent sur le reste du monde ». Parce qu’il n’a « aucun trauma ; jeunesse heureuse, parents aimants », il s’inscrit dans la seconde catégorie. Des spectateurs happés On dit son théâtre populaire. Il l’assume : « Populaire ne veut pas dire dénué d’exigence. » Son théâtre est surtout optimiste : il n’est jamais trop tard pour ouvrir des livres (Le Porteur d’histoire), il n’y a pas d’âge pour suivre ses rêves (Le Cercle des illusionnistes), les gentils peuvent un jour prendre leur revanche (Edmond). « J’aime raconter qu’il y a toujours quelque chose de possible. » Son théâtre est aussi choral. A chaque fois, une dizaine de comédiens, sans têtes d’affiche, interprètent plusieurs personnages. « Je veux qu’ils soient heureux, et qu’ils aient tous des rôles équivalents. » Son théâtre enfin est chorégraphique, voire cinématographique : les changements de décors et de costumes s’effectuent à vue dans un tourbillon d’une incroyable fluidité. Tous ces ingrédients lui permettent d’accrocher immédiatement le spectateur. Les récompenses, les Molières ? « Cela fait une question en plus pour les journalistes », s’amuse-t-il. La bande-annonce de la pièce « Edmond », par Alexis Michalik « Edmond ». Théâtre du Palais-Royal, 38 rue de Montpensier,lunette de soleil chanel, Paris 1er. Jusqu’au 31 mars 2017. « Le porteur d’histoire ». Théâtre des Béliers, 14 bis rue Sainte-Isaure, Paris-18e. Jusqu’au 28 janvier 2017. Sandrine Blanchard Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste Suivre ce journaliste sur twitter

Au Mexique, le pape prend la défense des Indiens

Antonio Luna Mendez a revêtu son manteau d’apparat en laine d’agneau noir pour assister, lundi 15 février, à la messe célébrée par le pape François dans la ville de San Cristobal de las Casas, au sud du Mexique. « Francisco nous respecte », se félicite ce Tzeltal quinquagénaire dans un espagnol approximatif. Comme lui, des milliers d’Indiens sont descendus des montagnes de l’Etat du Chiapas pour écouter le plaidoyer du souverain pontife en faveur du respect des cultures et des terres indigènes. L’enjeu est de taille pour le pape, dans une région où l’Eglise catholique perd du terrain face aux protestants et aux évangéliques. C’est au son de marimbas que le pape a été accueilli par des dizaines de milliers de fidèles dans le complexe sportif de San Cristobal de las Casas, où 75 % des 160 000 habitants sont indiens. « Vos peuples ont été incompris et exclus de la société »,adidas yeezy boost 750, a déclaré le pontife argentin, qui portait une mitre et une étole brodées de motifs indigènes. Sous une immense nef en plein air, il a appelé à « faire un examen de conscience » sur la condition des peuples indigènes. « Certains ont jugé inférieures vos valeurs, votre culture et vos traditions. D’autres, étourdis par le pouvoir, l’argent et les lois du marché, vous ont dépossédés de vos terres. » Dans la continuité de son discours prononcé en Bolivie en 2015, le pape a appelé à « demander pardon » aux peuples indigènes marginalisés depuis des siècles. Lire aussi   « Au Mexique, François veut être un instrument de paix » Les trois quarts de la population sont pauvres Enoncée devant une grande réplique de la façade baroque de la cathédrale de cette ville coloniale, son homélie a été accueillie avec émotion par la foule, composée en grande partie d’Indiens. Le Chiapas en compte la plus forte concentration (27 % de la population) dans un pays où 68 peuples indigènes représentent 16,9 millions de Mexicains (15,1 % de la population). Lire aussi   Au Mexique, la vierge de Guadalupe, l’icône des métis C’est dans cette région montagneuse qu’en 1994, l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), menée par le sous-commandant Marcos, s’était soulevée pour défendre les droits et la dignité des Indiens. Vingt-deux ans plus tard, les trois quarts de la population du Chiapas restent pauvres. Coiffé d’un chapeau tzotzil avec des rubans multicolores, José Diaz, paysan de 42 ans, remarque que « c’est la première fois qu’un pape défend à la fois les pauvres et la “Madre Tierra” (terre mère) ». Dans son homélie, le souverain pontife a tiré le signal d’alarme : « Nous ne pouvons plus faire la sourde oreille face à l’une des plus grandes crises environnementales de l’histoire. » Célébrée devant un Christ noir placé à côté de la Vierge métisse de la Guadalupe et de sculptures de jaguars, sa messe de carême comportait de nombreuses lectures et chants liturgiques en langues indiennes. A la fin de la cérémonie,lunette tom ford vue, le pape s’est vu remettre par deux prêtres jésuites des Bibles traduites en tzeltal et en tzotzil. Un décret du Vatican vient d’autoriser l’utilisation des langues autochtones dans la liturgie. « Il était temps de mieux reconnaître les peuples indigènes, qui tournent le dos à l’Eglise », commente Alba Mayela,one piece streaming vostfr, sœur franciscaine d’une congrégation située à une quarantaine de kilomètres au nord de San Cristobal de las Casas. Seuls 58 % des habitants du Chiapas se déclarent catholiques, contre 83 % au niveau national. Un quart d’évangéliques et pentecôtistes « Les Indiens sont déçus par le clergé traditionnel, qui a longtemps privilégié les classes favorisées de la société, évitant notamment d’introduire des éléments culturels indigènes dans les messes, explique Bernardo Barranco, spécialiste du catholicisme au Centre d’études des religions du Mexique. Cet espace vide a été comblé par les églises évangéliques et pentecôtistes. » Leurs adeptes représentent déjà plus d’un quart des 4,8 millions d’habitants du Chiapas. « Les Indiens sont déçus par le clergé traditionnel, qui a longtemps privilégié les classes favorisées de la société » Le pape a déjeuné en compagnie de huit religieux indiens, avant de se recueillir sur la tombe de Samuel Ruiz (1924-2011) dans la cathédrale de la ville. Figure de la « théologie de la libération », surnommé affectueusement « Tatik » (« père » en langue tzeltal) par les Indiens, l’ancien évêque de San Cristobal de las Casas pendant près de quarante ans, jusqu’en 1999, a été un des acteurs majeurs de la lutte pour la valorisation des cultures originaires. Il a aussi été un acteur-clé des négociations de paix entre les zapatistes et le gouvernement. Lire aussi   François, un pape iconoclaste mais prudent Pour M. Barranco, « c’est un message fort envoyé à l’Eglise mexicaine et à celle de Rome, quand on sait à quel point Samuel Ruiz a été stigmatisé par le clergé conservateur mexicain, qui le taxait de “communiste” ». Sa mesure la plus controversée reste la nomination de centaines de diacres indiens, pour la plupart mariés. L’initiative avait provoqué un tollé au sein du clergé conservateur craignant qu’il s’agisse d’une première étape vers le mariage des prêtres. Au point que son successeur, Felipe Arizmendi, avait été contraint de suspendre la mesure. Une interdiction levée, en 2014, par le pape François. Lundi, le pape a donné la communion à des diacres au cours d’une messe à laquelle les épouses de certains ont participé. Sebastian Pérez, indien tzotzil de confession presbytérienne, assistait à la cérémonie. Président de l’association Las Abejas de Acteal, du nom d’un village tzotzil où 45 personnes ont été massacrées en 1997 par des paramilitaires, il réclame justice depuis dix-huit ans : « Avec l’appui du pape, j’espère que ces changements religieux auront un impact sur la manière dont le gouvernement nous traite. » Frédéric Saliba (San Cristobal de las Casas (Mexique), envoyé spécial) Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste

Le Louvre-Lens résiste aux menaces

L’ancien président de la région Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron (PS), avait lancé, le 24 mars : « Il faut que le Louvre-Lens se bouge. » Le musée est-il en danger ? Après la création de grandes régions autonomes, en décembre 2015, la question se pose. En 2016, et pour la deuxième année, le Louvre-Lens affichera 400 000 visiteurs – dont 85 000 scolaires –, loin des 500 000 de 2014, objectif annoncé en 2012 à l’inauguration de cette annexe du Louvre, ancrée sur le carreau de mines lensois. Baisse attribuée, comme à Paris, aux attentats. La nouvelle région, baptisée Hauts-de-France, qui fusionne le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, continuera-t-elle à verser chaque année les 10 millions d’euros de subventions au Louvre-Lens, sur les 15 millions du budget de fonctionnement du musée ? Xavier Bertrand (LR), nouveau président de la région, s’y était engagé. François Decoster, vice-président des Hauts-de-France, chargé de la culture, le confirme, vendredi 28 octobre, au Monde : « C’est un ­budget important, on a voté cette contribution et souhaité poursuivre cet impact pour la région. » Le département et la communauté de communes versent chacun 1,5 million d’euros. Les 2 millions d’euros restant sont financés sur les recettes, le mécénat et les dons récoltés dans l’urne placée à cet ­effet dans le musée. Catherine Ferrar, administratrice générale du Louvre-Lens : « C’est la sortie dominicale des gens du coin » Pour fidéliser les 60 % des visiteurs des Hauts-de-France et élargir encore le public, le conseil d’administration du Louvre-Lens du 2 octobre a renouvelé le principe de la gratuité de la Galerie du temps. « Cela fait partie de nos gènes, c’est la sortie dominicale des gens du coin, des ouvriers, des employés, des retraités, du territoire au sens large. Le Pas-de-Calais est le département au plus fort taux de chômage en France », souligne Catherine Ferrar, l’administratrice générale. C’est cet impact réussi sur le territoire, d’autant plus que « le Louvre devient un interlocuteur pour les 80 musées de la région », rappelle François Decoster, qui l’a convaincue d’aller plus loin : « Le budget pour la culture des Hauts-de-France, qui est de 70 millions d’euros, va augmenter en 2017 pour atteindre 110 millions d’euros », affirme-t-il. Sa politique en faveur du cinéma multipliera par deux et demi les aides à la coproduction d’œuvres. « Casser les frontières » François Decoster est dithyrambique : « La Galerie du temps est construite sur un concept muséographique qui révise tous les codes et offre un parcours d’éducation à l’histoire des arts unique au monde. On est là dans un terrain d’aventure exceptionnel de la muséographie, avec beaucoup d’inventivité pour conquérir le jeune public. » Quinze médiateurs sont à tour de rôle dans la Galerie du temps pour jouer les « Impromptus », des pauses de dix minutes autour d’une œuvre. « Et ça marche très bien », se réjouit Marie ­Lavandier, la nouvelle directrice du Louvre-Lens. Connue pour son énergie bienveillante, elle ne boude pas son plaisir : « C’est un projet fascinant, un cas d’école pour inventer une manière différente de faire parler une grande collection des beaux-arts et d’archéologie, et capter un public qu’on a du mal à séduire depuis trente ans. Il faut casser les frontières, la présentation par département. Innover, inventer, avec une approche plus transversale, plus thématique, plus universelle, à l’origine même de ce “Louvre autrement” », résume-t-elle, exprimant le désir d’aller dans cette direction pour la programmation des expositions. Son passé au Quai Branly, en charge du recollement et du déménagement des œuvres du Musée de l’homme, puis au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) et à la direction des musées de Nice, n’est pas pour rien dans sa nomination, en juin. Le chantier du Centre de réserves et de conservation du Musée du Louvre devrait démarrer fin 2017 Autre confirmation,lunette de soleil dior, le Centre de réserves et de conservation du Musée du Louvre va bien être construit. « Le projet définitif devrait être validé dans les prochaines semaines, affirme François Decoster. La région mettra 5 millions d’euros, plus 18 millions sur les fonds européens. Avec les 5 millions de l’Etat et les 30,6 millions du Louvre. Reste 1,4 million de mécénat à trouver, pour couvrir les 60 millions du projet. » A Lens,christian dior lunette, mardi 1er novembre, François Hollande a annoncé, après sa visite de l’exposition sur la Mésopotamie, que le centre « aurait aussi vocation à accueillir le patrimoine menacé, en particulier en Irak et en Syrie ». « Cette décision devrait se concrétiser, a-t-il précisé, début décembre à Abou Dhabi,solaire celine, lors d’une conférence internationale sur la préservation du patrimoine en péril préparée par Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe. » Lire la critique de l’exposition :   L’Histoire s’est d’abord écrite en Mésopotamie Le chantier devrait démarrer fin 2017, pour un déménagement des réserves en 2019. Florence Evin Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste

Les somnambules

L’historien Christopher Clarke a brillamment décrit, dans son livre Les Somnambules (Flammarion, 2013), la marche des puissances européennes vers la guerre, les yeux fermés, au cours de l’été 1914. Un siècle plus tard, le même aveuglement semble frapper les Etats membres de l’Union européenne face à la crise migratoire. Somnambules du XXIe siècle, ils se transforment en fossoyeurs inconscients de leur propre Union, cette organisation unique au monde,lunette de soleil marc by marc jacobs, bâtie pour conjurer les fantômes de la seconde guerre mondiale.

Au Forum économique de Davos en janvier, des dirigeants européens ont tiré le signal d’alarme et répété en chœur que cette crise-là ne pouvait se régler qu’avec « plus d’Europe ». Puis ils sont repartis chez eux et se sont attelés à faire « moins d’Europe ». Chacun voit midi à sa porte ; l’indispensable sursaut collectif qui prendrait la mesure d’un phénomène migratoire massif et durable paraît impossible. Pris de panique, tétanisés par la montée des mouvements populistes et les échéances électorales,one piece streaming, de plus en plus d’Européens, qui ont eux-mêmes autrefois émigré par vagues immenses, dressent de nouvelles frontières entre eux, redessinant une Europe d’antan, au lieu d’organiser ensemble une frontière commune extérieure.

Autorité bafouée

En convoquant mercredi 24 février, à Vienne, une réunion d’Etats des Balkans pour stopper à leur niveau le flux migratoire,lunettes de vue celine, sans inviter la Grèce, première concernée, ni en informer Berlin et Bruxelles, l’Autriche a ouvertement bafoué l’autorité de l’UE : le Conseil européen réuni quelques jours plus tôt, auquel participait l’Autriche, n’avait-il pas appelé à « agir de manière concertée » ? Pour protester contre ces « mentalités et initiatives extra-institutionnelles qui émanent du XIXe siècle », la Grèce a rappelé son ambassadeur à Vienne, un geste généralement réservé à l’espace extra-européen.

Ce même Conseil européen…